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    Unreconciled

    Page 7
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      ‘À l’angle de la FNAC bouillonnait une foule’

      ‘Il faudrait traverser un univers lyrique’

      ‘Après-midi de fausse joie’

      ‘Les petits objets nettoyés’

      ‘Ce soir, en marchant dans Venise’

      ‘Tres Calle de Sant’Engracia’

      UNE SENSATION DE FROID

      ‘Pourquoi ne pouvons-nous jamais’

      DIFFÉRENCIATION RUE D’AVRON

      Vivre sans point d’appui, entouré par le vide

      ‘Vivre sans point d’appui, entouré par le vide’

      ‘La lumière a lui sur les eaux’

      ‘Chevauchement mou des collines’

      ‘Dans le train direct pour Dourdan’

      ‘Dans le métro à peu près vide’

      ‘La respiration des rondelles’

      ‘L’appartenance de mon corps’

      ‘Les antennes de télévision’

      ‘L’exercice de la réflexion’

      ‘La brume entourait la montagne’

      ‘Je flottais au-dessus du fleuve’

      ‘Un moment de pure innocence’

      ‘Les corps empilés sur le sable’

      ‘La peau est un objet limite’

      ‘Il est temps de faire une pause’

      LISEZ LA PRESSE BELGE!

      ATTEINDRE LA CREUSE

      LES NUAGES, LA NUIT

      ‘Les fantômes avaient lieu de leurs mains délétères’

      ‘Un végétal d’abolition’

      ‘J’étais parti en vacances avec mon fils’

      ‘Nous devons développer une attitude de non-résistance au monde’

      ‘Les insectes courent entre les pierres’

      ‘Avant, il y a eu l’amour, ou sa possibilité’

      DANS L’AIR LIMPIDE

      ‘Les hirondelles s’envolent’

      ABSENCES DE DURÉE LIMITÉE

      ‘Exister, percevoir’

      LOIN DU BONHEUR

      ‘L’univers a la forme d’un demi-cercle’

      ‘Par la mort du plus pur’

      ‘Disparue la croyance’

      ‘Je n’ai plus d’intérieur’

      SO LONG

      DERNIERS TEMPS

      Un triangle d’acier sectionne le paysage

      VARIATION 49: LE DERNIER VOYAGE

      ‘La première fois que j’ai fait l’amour c’était sur une plage’

      17–23

      ‘Mon ancienne obsession et ma ferveur nouvelle’

      ‘Dans le matin, chaste et tranquille’

      DJERBA ‘LA DOUCE’

      SÉJOUR-CLUB

      SÉJOUR-CLUB 2

      VACANCES

      ‘La lumière évolue à peu près dans les formes’

      ‘Nulle ombre ne répond’

      ‘Cette envie de ne plus rien faire et surtout ne plus rien éprouver’

      ‘Un matin de soleil rapide’

      ‘L’arc aboli de tristesse élancée’

      ‘L’épuisement central d’une nuit sans étoiles’

      LA MÉMOIRE DE LA MER

      ‘Elle vivait dans une bonbonnière’

      ‘Si calme, dans son coma’

      HMT

      Je suis dans un tunnel fait de roches compactes

      VOCATION RELIGIEUSE

      ‘J’ai toujours eu l’impression que nous étions proches’

      NOUVELLE DONNE

      ‘Quand il fait froid’

      ‘Traces de la nuit’

      ‘Comme un plant de maïs déplanté de sa terre’

      ‘Je suis comme un enfant qui n’a plus droit aux larmes’

      ‘Dehors il y a la nuit’

      ‘Doucement, nous glissions vers un palais fictif’

      ‘La texture fine et délicate des nuages’

      ‘Les informations se mélangent comme des aiguilles’

      ‘Je tournais en rond dans ma chambre’

      ‘Une gare dans les Yvelines’

      ‘Quand disparaît le sens des choses’

      ‘Avant, mais bien avant, il y a eu des êtres’

      ‘Les hommages à l’humanité’

      LA DISPARITION

      ‘Nous roulons protégés dans l’égale lumière’

      ‘C’est comme une veine qui court sous la peau’

      ‘Il est vrai que ce monde où nous respirons mal’

      LE SENS DU COMBAT

      La grâce immobile

      ‘La grâce immobile’

      ‘Le bloc énuméré’

      LES IMMATÉRIAUX

      LE NOYAU DU MAL D’ÊTRE

      ‘Sublime abstraction du paysage’

      ‘Le TGV Atlantique glissait dans la nuit’

      ‘Il faisait beau’

      MERCREDI. MAYENCE – VALLÉE DU RHIN – COBLENCE.

      ‘Je suis difficile à situer’

      NICE

      L’ART MODERNE

      LE JARDIN AUX FOUGÈRES

      LA FILLE

      VÉRONIQUE

      ‘Un champ d’intensité constante’

      UN ÉTÉ À DEUIL-LA-BARRE

      MAISON GRISE

      CRÉPUSCULE

      SOIR SANS BRUME

      ‘Quand la pluie tombait en rafales’

      ‘L’aube grandit dans la douceur’

      ‘Il existe un pays’

      LES OPÉRATEURS CONTRACTANTS

      LA LONGUE ROUTE DE CLIFDEN

      ‘Le maître enamouré en un défi fictif’

      PASSAGE

      ‘Montre-toi, mon ami, mon double’

      ‘Les couleurs de la déraison’

      ‘Les champs de betteraves surmontés de pylônes’

      ‘Nous avions pris la voie rapide’

      ‘Nous attendions, sereins, seuls sur la piste blanche’

      ‘Dans l’abrutissement qui me tient lieu de grâce’

      D’abord j’ai trébuché dans un congélateur

      HYPERMARCHÉ – NOVEMBRE

      D’abord j’ai trébuché dans un congélateur,

      J’me suis mis à pleurer et j’avais un peu peur

      Quelqu’un a grommelé que je cassais l’ambiance,

      Pour avoir l’air normal j’ai repris mon avance.

      Des banlieusards sapés et au regard brutal

      Se croisaient lentement près des eaux minérales;

      Une rumeur de cirque et de demi-débauche

      Montait des rayonnages. Ma démarche était gauche.

      Je me suis écroulé au rayon des fromages;

      Il y avait deux vieilles dames qui portaient des sardines.

      La première se retourne et dit à sa voisine:

      ‘C’est bien triste, quand même, un garçon de cet âge.’

      Et puis j’ai vu des pieds circonspects et très larges;

      Il y avait un vendeur qui prenait des mesures.

      Beaucoup semblaient surpris par mes nouvelles chaussures;

      Pour la dernière fois j’étais un peu en marge.

      APRÈS-MIDI BOULEVARD PASTEUR

      Je revois les yeux bleus des touristes allemands

      Qui parlaient société devant un formidable.

      Leurs ‘Ach so’ réfléchis, un peu nerveux pourtant,

      Se croisaient dans l’air vif; ils étaient plusieurs tables.

      Sur ma gauche causaient quelques amis chimistes:

      Nouvelles perspectives en synthèse organique!

      La chimie rend heureux, la poésie rend triste,

      Il faudrait arriver à une science unique.

      Structure moléculaire, philosophie du moi

      Et l’absurde destin des derniers architectes;

      La société pourrit, se décompose en sectes:

      Chantons l’alléluia pour le retour du roi!

      CHÔMAGE

      Je traverse la ville dont je n’attends plus rien

      Au milieu d’êtres humains toujours renouvelés

      Je le connais par cœur, ce métro aérien;

      Il s’écoule des jours sans que je puisse parler.

      Oh! ces après-midi, revenant du chômage

      Repensant au loyer, méditation morose

    &nb
    sp; On a beau ne pas vivre, on prend quand même de l’âge

      Et rien ne change à rien, ni l’été, ni les choses.

      Au bout de quelques mois on passe en fin de droits

      Et l’automne revient, lent comme une gangrène;

      L’argent devient la seule idée, la seule loi,

      On est vraiment tout seul. Et on traîne, et on traîne …

      Les autres continuent leur danse existentielle,

      Vous êtes protégé par un mur transparent,

      L’hiver est revenu; leur vie semble réelle.

      Peut-être, quelque part, l’avenir vous attend.

      Le jour monte et grandit, retombe sur la ville,

      Nous avons traversé la nuit sans délivrance

      J’entends les autobus et la rumeur subtile

      Des échanges sociaux. J’accède à la présence.

      Aujourd’hui aura lieu. La surface invisible

      Délimitant dans l’air nos êtres de souffrance

      Se forme et se durcit à une vitesse terrible;

      Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.

      Nous avons traversé fatigues et désirs

      Sans retrouver le goût des rêves de l’enfance,

      Il n’y a plus grand-chose au fond de nos sourires,

      Nous sommes prisonniers de notre transparence.

      RÉPARTITION – CONSOMMATION

      I. J’entendais des moignons frotter,

      L’amputé du palier traverse

      La concierge avait des alliés

      Qui nettoyaient après l’averse

      Le sang des voisines éventrées,

      Il fallait que cela se passe

      Discussions sur la vérité,

      Mots d’amour qui laissent des traces.

      La voisine a quitté l’immeuble,

      La cuisinière est arrivée;

      J’aurais dû m’acheter des meubles,

      Tout aurait pu être évité.

      Puisqu’il fallait que tout arrive

      Jean a crevé les yeux du chat

      Monades isolées qui dérivent,

      Répartitions et entrechats.

      II. Au milieu des fours micro-ondes,

      Le destin des consommateurs

      S’établit à chaque seconde;

      Il n’y a pas de risque d’erreur.

      Sur mon agenda de demain,

      J’avais inscrit: ‘Liquide vaisselle’;

      Je suis pourtant un être humain:

      Promotion sur les sacs-poubelle!

      À tout instant ma vie bascule

      Dans l’hypermarché Continent

      Je m’élance et puis je recule,

      Séduit par les conditionnements.

      Le boucher avait des moustaches

      Et un sourire de carnassier,

      Son visage se couvrait de taches …

      Je me suis jeté à ses pieds!

      III. J’ai croisé un chat de gouttière,

      Son regard m’a tétanisé

      Le chat gisait dans la poussière,

      Des légions d’insectes en sortaient.

      Ton genou de jeune otarie

      Gainé dans un collant résille

      Se pliait sans le moindre bruit;

      Dans la nuit, les absents scintillent.

      J’ai croisé un vieux prolétaire

      Qui cherchait son fils disparu

      Dans la tour GAN, au cimetière

      Des révolutionnaires déçus.

      Tes yeux glissaient entre les tables

      Comme la tourelle d’un char;

      Tu étais peut-être désirable,

      Mais j’en avais tout à fait marre.

      L’AMOUR, L’AMOUR.

      Dans un ciné porno, des retraités poussifs

      Contemplaient, sans y croire,

      Les ébats mal filmés de deux couples lascifs;

      Il n’y avait pas d’histoire.

      Et voilà, me disais-je, le visage de l’amour,

      L’authentique visage;

      Certains sont séduisants; ils séduisent toujours,

      Et les autres surnagent.

      Il n’y a pas de destin ni de fidélité,

      Mais des corps qui s’attirent;

      Sans nul attachement et surtout sans pitié,

      On joue et on déchire.

      Certains sont séduisants et partant très aimés;

      Ils connaîtront l’orgasme.

      Mais tant d’autres sont las et n’ont rien à cacher,

      Même plus de fantasmes;

      Juste une solitude aggravée par la joie

      Impudique des femmes;

      Juste une certitude: ‘Cela n’est pas pour moi’,

      Un obscur petit drame.

      Ils mourront c’est certain un peu désabusés,

      Sans illusions lyriques;

      Ils pratiqueront à fond l’art de se mépriser,

      Ce sera mécanique.

      Je m’adresse à tous ceux qu’on n’a jamais aimés,

      Qui n’ont jamais su plaire;

      Je m’adresse aux absents du sexe libéré,

      Du plaisir ordinaire.

      Ne craignez rien, amis, votre perte est minime:

      Nulle part l’amour n’existe;

      C’est juste un jeu cruel dont vous êtes les victimes,

      Un jeu de spécialistes.

      MIDI

      La rue Surcouf s’étend, pluvieuse;

      Au loin, un charcutier-traiteur.

      Une Américaine amoureuse

      Écrit à l’élu de son cœur.

      La vie s’écoule à petits coups;

      Les humains sous leur parapluie

      Cherchent une porte de sortie

      Entre la panique et l’ennui

      (Mégots écrasés dans la boue).

      Existence à basse altitude,

      Mouvements lents d’un bulldozer;

      J’ai vécu un bref interlude

      Dans le café soudain désert.

      Comme un week-end en autobus,

      Comme un cancer à l’utérus,

      La succession des événements

      Obéit toujours à un plan.

      Toutefois, les serviettes humides,

      Le long des piscines insipides

      Détruisent la résignation

      Le cerveau se met en action

      Il envisage les conséquences

      De certaines amours de vacances,

      Il aimerait se détacher

      De la boîte crânienne tachée.

      On peut nettoyer sa cuisine,

      Dormir à la Mépronizine,

      La nuit n’est jamais assez noire

      Pour en finir avec l’histoire.

      JIM

      Tant que tu n’es pas là, je t’attends, je t’espère;

      C’est une traversée blanche et sans oxygène.

      Les passants égarés sont bizarrement verts;

      Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines.

      Un ami de toujours m’indique l’arrêt Ségur.

      C’est un très bon garçon, il connaît mes problèmes;

      Je descends je vois Jim, il descend de voiture,

      Il porte à son blouson je ne sais quel emblème.

      Parfois Jim est méchant, il attend que j’aie mal;

      Je saigne sans effort; l’autoradio fredonne,

      Puis Jim sort ses outils; il n’y a plus personne,

      Le boulevard est désert. Pas besoin d’hôpital.

      J’aime les hôpitaux, asiles de souffrance

      Où les vieux oubliés se transforment en organes

      Sous les regards moqueurs et pleins d’indifférence

      Des internes qui se grattent en mangeant des bananes.

      Dans leurs chambres hygiéniques et cependant sordides

      On distingue très bien le néant qui les guette

      Surtout quand le matin ils se dressent, livides,

      Et réclament en geignant leur première cigarette.

      Les vieux savent pleurer avec un bruit minime,

      Ils oublient les pensées et ils oublient les gestes

      Ils ne rient
    plus beaucoup, et tout ce qui leur reste

      Au bout de quelques mois, avant la phase ultime,

      Ce sont quelques paroles, presque toujours les mêmes:

      Merci je n’ai pas faim, mon fils viendra dimanche,

      Je sens mes intestins, mon fils viendra quand même.

      Et le fils n’est pas là, et leurs mains presque blanches.

      Tant de cœurs ont battu, déjà, sur cette terre

      Et les petits objets blottis dans leurs armoires

      Racontent la sinistre et lamentable histoire

      De ceux qui n’ont pas eu d’amour sur cette terre.

      La petite vaisselle des vieux célibataires

      Les couverts ébréchés de la veuve de guerre

      Mon Dieu! Et les mouchoirs des vieilles demoiselles

      L’intérieur des armoires, que la vie est cruelle!

      Les objets bien rangés et la vie toute vide

      Et les courses du soir, restes d’épicerie,

      Télé sans regarder, repas sans appétit

      Enfin la maladie, qui rend tout plus sordide,

      Et le corps fatigué qui se mêle à la terre,

      Le corps jamais aimé qui s’éteint sans mystère.

      La mort est difficile pour les vieilles dames trop riches

      Entourées de belles-filles qui les appellent ‘ma biche’,

      Pressent un mouchoir de lin sur leurs yeux magnifiques,

      Évaluent les tableaux et les meubles antiques.

      Je préfère la mort des vieux de HLM

      Qui s’imaginent encore jusqu’au bout qu’on les aime,

      Attendant la venue du fils hypothétique

      Qui paierait le cercueil en sapin authentique.

      Les vieilles dames trop riches finissent au cimetière

      Entourées de cyprès et d’arbustes en plastique

      C’est une promenade pour les sexagénaires,

      Les cyprès sentent bon et chassent les moustiques.

      Les vieux de HLM finissent au crématoire

      Dans un petit casier à l’étiquette blanche.

      Le bâtiment est calme: personne, même le dimanche,

      Ne dérange le sommeil du très vieux gardien noir.

      Mon père était un con solitaire et barbare;

      Ivre de déception, seul devant sa télé,

      Il ruminait des plans fragiles et très bizarres,

      Sa grande joie étant de les voir capoter.

      Il m’a toujours traité comme un rat qu’on pourchasse;

      La simple idée d’un fils, je crois, le révulsait,

     


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